Doom Eternal – La version Switch est enfin là

La sortie de Doom Eternal devait se faire simultanément sur tous les supports, avant que la version Switch ne soit reportée sauvagement sans date de sortie communiquée. Neuf mois plus tard (!), cette version – soyons francs – plus si attendue que ça de Doom Eternal est enfin là, et la raison de son report n’est plus un mystère… Panic Button, le studio derrière ce portage, a souffert pour adapter le jeu à la Switch, on le sent. Mais franchement, fallait-il vraiment s’infliger tout ça, messieurs ?

Je disais dans ma critique de la version PC que Doom Eternal était un chef d’œuvre au gameplay extrêmement bien rodé, bien pensé et vraiment intelligent, un FPS à la difficulté parfaitement équilibrée qui se poserait en mètre-étalon pour un genre qui reprendrait son nom de Doom-like. Mais ça, c’était à l’époque de la sortie.
Avec neuf mois de recul, mon avis… s’est renforcé : Doom Eternal est pour moi le meilleur FPS paru à ce jour, point.
J’ai toujours un plaisir incroyable à chaque fois que je lance le jeu, un plaisir qui croît de pair avec la maîtrise que l-on a de son gameplay. J’avais donc hâte de retrouver le jeu sur Switch, histoire de pouvoir jouer dans mon lit (comprendre « sur les gogues ») sans emmerder ma copine pendant N’oubliez Pas Les Paroles.

Le premier contact est plutôt positif. Oui, c’est moins beau que sur pc ou n’importe quel autre support. Oui, ça tourne à 30 FPS, oui les textures ont sacrément morflé, oui les modèles sont mal dégrossis, mais c’est plutôt pas mal, et grâce à la direction artistique colorée et à la limite du cartoon, ça ne choque pas outre mesure et le tout reste lisible. Puis merde, ça tourne sur une Switch !
Sauf qu’en mouvement, ça commence à devenir un peu plus flou : la résolution est donc dynamique, mais ça on s’en doutait (c’était déjà le cas pour Doom 2016 et Wolfenstein 2, déjà portés sur Switch par Panic Button), et console dockée, ça rend pas trop mal !

Mais l’avantage de la Switch, ça reste la portabilité. Je retire donc ma console de son dock, et là…
Et là j’ai regretté d’avoir dépensé autant d’argent dans ma paire de lunettes toute neuve : là j’étais myope, mais de près. L’ajustement dynamique de la résolution est extrêmement agressif, vraiment. Je ne connais pas les résolutions maximales et minimales, mais à vue de pied elles sont respectivement pas très hautes et bien trop basses.
S’il était nécessaire d’en rajouter sur le mode portable, on pourrait mentionner la maniabilité franchement moins bonne qu’au pro controller (et pour un FPS aussi rapide, c’est fatal), les artefacts graphiques (carrés noirs sur certains effets, notamment quand on ramasse les runes bonus) et le fait que la console chauffe à en faire sincèrement peur. On peut également noter que certaines actions s’effectuent souvent en décalé (le son rattrape l’action), ou qu’elles sautent carrément (pressions de boutons manquées)…

Soyons honnêtes, jouer à Doom sur une télé, on peut déjà le faire sur les autres supports, le mode portable est le seul véritable apport de cette version Switch. Et en l’état, c’est pas tout à fait jouable, et ça me tue de l’avouer.
En bon fanboy, je suis bien content de pouvoir apporter le jeu partout avec moi et d’avoir déjà l’habitude de voir flou dans la vie, mais je ne peux franchement pas conseiller cette version, pas en l’état.

En voyant le résultat, on comprend le retard de ce portage. Ça a dû être une galère !
J’étais le premier à vouloir Doom Eternal sur ma Switch, mais on arrive à un niveau de la technique où il faut sincèrement commencer à se demander si les sacrifices dûs au portage d’un jeu de cette génération ne sont pas trop grands pour en valoir la peine. Ici, j’aurais tendance à dire que si.
Encore une fois, je suis content d’avoir Doom Eternal sur une console portable, mais sachez ce que vous achetez : une version qui ressemble à un jeu streamé sur un modem 56k. Si coucher avec une poupée gonflable qui ressemble vaguement à votre conjoint(e) quand il/elle est loin de vous constitue pour vous un substitut acceptable, alors foncez. Sinon, affrontez la vérité en face : Doom Eternal n’est pas un jeu Switch.

Le jeu est vendu 59,99€ sans vaseline sur l’eShop de Nintendo, et n’existe pas en version boîte.

A propos de l'auteur /

Professeur d'anglais le jour, gros dormeur la nuit, Monsieur Daz est un passionné de jeux-vidéo, avec une grosse tendance rétro. Un peu vieux con sur les bords, il déteste les microtransactions, les lootboxes et le foutage de gueule.

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